30 Avril 2006
Les instances européennes de la santé s'inquiètent de la vente de médicaments contrefaits
Des copies d'un nouveau médicament de Sanofi Aventis sont déjà en vente sur Internet, alors qu'il n'a pas encore reçu l'aval des autorités sanitaires.
Les pouvoirs publics commencent à prendre la mesure de la vente illicite de médicaments sur Internet. Le problème ne date pourtant pas d'hier. Après l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé en janvier dernier, c'est au tour de
Acomplia est censé lutter contre l'obésité, les facteurs de risque cardio-vasculaire liés et aider au sevrage tabagique. A l'instar du Viagra, de
« Les fraudeurs essaient de contourner les voies réglementaires en vigueur d'autorisation et de surveillance des autorités compétentes. Selon une récente enquête des Etats membres, 170 médicaments se sont révélés être des contrefaçons offertes par des chaînes de distribution illégales, ces cinq dernières années. Ce commerce illégal s'est souvent développé à travers Internet », s'inquiète
Une cyberpharmacie illicite peut gagner plus qu'une pharmacie traditionnelle
Compte tenu de leur activité illicite et du caractère volatil de ces officines en ligne, les autorités peinent à estimer la quantité de médicaments écoulés de la sorte. Toutefois, dans son rapport annuel remis au début du mois, l'Organisme international de contrôle des stupéfiants (OICS) estime que « d'après les chiffres relatifs aux saisies, une cyberpharmacie illicite réaliserait bien plus d'opérations qu'une pharmacie traditionnelle ayant des activités licites. Certaines réaliseraient en moyenne chaque jour 450 opérations de vente de médicaments normalement délivrés sur prescription, dont 95 % porteraient sur des substances placées sous contrôle international ». Compte tenu des ces chiffres, le montant des ventes illégales de médicaments est estimé à « des centaines de millions de dollars ».
En outre, l'OICS met l'accent sur les tarifs pratiqués par les cyberpharmacies. « Les substances proposées sont vendues à un prix beaucoup plus élevé, parfois dans un rapport de 1 à 18, que le prix prévu pour ces mêmes substances dans le cadre d'un régime d'assurance maladie ou de sécurité sociale, ou d'un plan de maladie privé ». En plein battage médiatique sur la grippe aviaire, le Tamiflu, l'un des rares antiviraux susceptibles d'être efficaces contre le virus H5N1 s'échangeait sur Internet jusqu'à 160 euros la boîte de dix comprimés. Le médicament était alors introuvable dans les pharmacies françaises.
En vue de lutter contre cette contrebande,
Les trafiquants et les pays pauvres:
Ce phénomène de faux médicaments est tellement rentable et d'une telle ampleur que la mafia s'en est emparée. Le rapport serait largement supérieur à celui du traffic de la drogue et largement moins dangereux pour leurs auteurs du fait de la corruption qui sévit dans ces pays.