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Se laisser guider par le hasard, aller au gré des images, des ruelles, des sentiers et des rencontres. Ouvrir les yeux, le coeur et l'esprit.

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Le silence de Clara

Catégorie: thriller fantastique

Auteur: Patrick CAUVIN

Editeur: Pocket
 

Résumé:

Marié à Lorna, partie un jour, sans doute lassée par son caractère peu ambitieux, Ferdinand vit au quotidien un drame dont on devine combien il a dû précipiter la fin de son couple. Née en 1995, sa fille Clara, déclarée autiste par les meilleurs spécialistes, vit murée dans le silence. «Quel monde est le sien? Est-elle cette combattante perpétuelle dressée contre un univers qui l'attaque à chaque seconde sur tous les fronts... toute une armée crispée derrière ses paupières affolées?» se demande son père. Les réponses lui viendront de manière inattendue, sous la forme d'un cahier découvert dans la chambre de Clara qui a griffonné, sans une faute d'orthographe, quelques phrases évoquant de manière romanesque le Grand Nord de... septembre 2012. Alors il décide d'aller comprendre sur place comment une enfant sans langage a pu se transformer en écrivain. Pour Ferdinand ce sera un départ en Alaska et, via l'Ardèche et Marseille, la découverte d'une terrifiante vérité.

 Impressions:
 Une histoire fascinante où l'hypnose, la réincarnation et la métempsycose prennent des vérités, des images troublantes qui saisissent les lecteurs, même les plus rationnels.

Clara serait-elle une "porte" ouverte vers un ailleurs?

Patrick Cauvin mène bien son histoire. Il y a beaucoup de suspense, on ne devine rien jusqu'à ce que l'auteur le décide... enfin, j'ai quand même trouvé une chose, mais peut-être l'auteur voulait-il que le lecteur s'en doutât. Par ailleurs, l'histoire se complique quand même un peu. Ce n'est pas aussi simple que ce qu'on pense au départ. Ce n'est pas plus mal, ça permet d'autres révélations un peu spectaculaires, certes, mais qui ont tout de même leur effet.
Et puis, il ne faut pas négliger les petites notes humoristiques, que l'on retrouve surtout dans les dialogues.

La quête forcenée de l'amour d'une enfant qui "n'existe pas" (son corps est présent mais pas son esprit) se retrouve totalement dans le paradoxe (clin doeil) du nom du personnage principal: Ferdinand Bond. Tout les oppose (Ferdinand qui sonne plutôt: «calendos, charentaises et congés payés à Châtellerault» et Bond qui représente l'action, le mystère, la réussite mais aussi la violence;«Je dois être un compromis entre le week-end aux Bahamas et le caleçon molletonné»,dit-il) et pourtant ils font une seule et même personne. Il en va de même pour Clara, murée dans son autisme, inaccessible, et pourtant un jour...

L'enquête est particulièrement intéressante entre le présent, le futur et ce passé qui s'entremêlent, ces fils que l'on perd puis que l'on retrouve.
L'ambiance aussi est bien rendue avec cette pluie quasi permanente qui crée un "rideau" à travers lequel le monde est "flouté" et se déchire à la fin...

De plus, le lecteur est confronté aux difficultés que rencontrent les parents d'enfants autistes, ou atteints de ce genre de maladie. Lorna, la mère de Clara est partie au bout de cinq ans. Elle a laissé le fardeau à son mari. Le lecteur peut la blâmer, mais il peut aussi se demander comment il réagirait, lui. La décision de Lorna n'est peut-être pas la meilleure, (fuir, et tout laisser au père, qui, lui aussi, aurait le droit d'en avoir assez de s'occuper de l'enfant), mais y a-t-il une solution acceptable à un tel problème? Je ne parlerai pas de celle choisie par un autre personnage, poussé par la vie, par la peur, peut-être aussi par l'ignorance ou tout simplement a-t-il touché ses limites.

Si c'est un livre de quête plus que d'enquête, c'est avant tout une grande déclaration d'amour de ces deux parents à cette enfant...

La fin est bien ficelée car elle laisse aussi une porte entrebaillée.

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