27 Mars 2007
Au pied d'un immense centre de traitement, des montagnes d'ordures impossibles à recycler s'étendent à perte de vue: la région de Naples (sud) croule sous les déchets, une bombe écologique qui menace la santé de sa population.
L'édifice est planté au bord de la route, dans la zone de Caivano, où s'élèvent des centres commerciaux, des usines et des immeubles qui semblent en construction depuis des années.
Les déchets urbains sortis du centre de traitement (CDR) sont compactés dans des lingots de plastique entassés les uns sur les autres, dans l'attente d'être brûlés.
Mais "leur combustion est impossible, car le tri entre rejets secs et humides n'a pas été effectué dans ce CDR", explique un toxicologue de l'Institut du cancer de Naples, Antonio Marfella.
"Si on les laisse se décomposer, ils produiront un liquide toxique qui risque d'infiltrer les sols et la nappe phréatique", s'inquiète le toxicologue, membre de l'association "Assises de Naples".
Des lingots d'ordures ingérables comme on en trouve près de Caivano, il en existe quelque 400.000 tonnes en Campanie, la région de Naples, selon les chiffres officiels.
"La seule solution serait de les assécher un par un puis de les enterrer. Cela prendra au moins dix ans", explique le commissaire extraordinaire du gouvernement chargé des déchets en Campanie, Guido Bertolaso.
Des déchets urbains dans un centre de traitement (CDR) de Caivano près de Naples, le 20 mars 2007
Mais dans cette région de près de 6 millions d'habitants où la mafia locale,
Autour de Caivano, le paysage est défiguré par mille et une décharges en plein air où brûlent parfois des incendies qui dégagent de fortes odeurs toxiques.
Tout près des plantations de fruits, des amas de déchets ménagers se mêlent à des carcasses de frigos ou de téléviseurs. Des conduits de cheminée, des pneus, toutes sortes de matières plastiques font aussi partie du décor.
"Cela dégage de la dioxyne, il y a de l'amiante qui brûle ici: c'est une vraie folie!", s'exclame Antonio Marfella, en visite sur les lieux avec des journalistes.