Baisse des communications à partir des mobiles depuis et vers les autres pays européens
18 Mai 2007
Rédigé par alphomega et publié depuis
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Un accord européen prévoit de diminuer les tarifs des communications passées et reçues hors des frontières. Il doit encore être validé par le Parlement et les
ministres des Vingt-sept.
Les trois institutions de l'Union européenne - les députés, la Commission et la présidence allemande - sont parvenues à un accord sur la réduction des prix de l'itinérance, ou roaming, facturés par
les opérateurs de téléphonie mobile pour les appels passés ou reçus par leurs abonnés à l'étranger.
Le prix d'une communication passée par un touriste ou un homme d'affaires dans un autre pays que celui où il a souscrit son abonnement téléphonique sera plafonné, la première année d'application de
cet accord, à 49 centimes d'euro la minute. La limite sera de 24 centimes pour un appel reçu hors des frontières.
Les prix de gros facturés aux entreprises de téléphonie par un autre opérateur seront quant à eux plafonnés à 30 centimes. Dans les deux cas, les tarifs seront dégressifs. Les appels sortants
seront plafonnés à 43 centimes dans trois ans, les appels reçus à 19 et les prix de gros à 26.
Ce dossier a été très médiatisé, les députés européens voulant absolument obtenir pour les touristes européens une baisse importante des frais d'itinérance et les Etats membres - France, Allemagne
et Royaume-Uni en tête - défendant bec et ongles les intérêts de leurs opérateurs.
« Planification communiste »
L'accord, qui doit encore être entériné la semaine prochaine par le Parlement européen réuni en séance plénière et, en juin, par les ministres des télécommunications des Vingt-Sept, représente un
compromis entre les deux camps.
Mais il est finalement très proche de la position du Parlement européen, qui prônait un plafonnement à 45 centimes d'euros par minute pour les appels passés et à 20 centimes par minute pour les
personnes recevant un appel international.
Les gouvernements européens souhaitaient des limites fixées respectivement à 60 et 30 centimes d'euros la minute. Ces derniers montants avaient été jugés trop bas par les opérateurs, comme le
président de France Télécom, Didier Lombard, qui les a comparés à une « planification communiste » et a menacé d'acheter des équipements chinois pour rester compétitif.
Aujourd'hui, par le simple fait de passer une frontière, un utilisateur de portable voit le coût d'une communication multipliée en moyenne par quatre : un client français passant un appel local en
Italie paie de 0,50 à 1,18 euro par minute, contre 10 centimes pour un client italien faisant de même.
Un chiffre d'affaires de 8,5 milliards d'euros
Les plafonds ne seront pas appliqués pendant une période de deux mois après l'entrée en vigueur, à la mi-août, des nouveaux tarifs que les opérateurs devront offrir à leurs clients. Pendant cette
période, les utilisateurs pourront choisir une formule - certains opérateurs peuvent proposer des tarifs inférieurs aux plafonds dans des configurations précises. Mais si le consommateur n'a pas
effectué de choix, les plafonds s'appliqueront automatiquement après deux mois.
Les députés européens espèrent que l'imminence de l'entrée en vigueur de ce mécanisme accroîtra la concurrence et incitera les opérateurs à offrir des prix plus bas dès cet été, période de vacances
où les touristes sont nombreux à voyager.
A l'origine, la Commission européenne envisageait une suppression des frais d'itinérance mais, dans sa proposition de juillet dernier, elle est revenue en arrière. Quelque 147 millions de citoyens
de l'UE - 37 millions de touristes et 110 millions de professionnels - utilisent chaque année leur téléphone à l'étranger. Le roaming représente un chiffre d'affaires annuel de 8,5 milliards
d'euros, d'où la pression des opérateurs.