4 Février 2006
Les musulmans du monde entier ont continué à se mobiliser samedi contre la publication, dans la presse européenne, de caricatures de Mahomet, en dépit d'appels au calme et à la réconciliation.
En Jordanie, le rédacteur en chef d'un hebdomadaire qui avait publié les caricatures controversées a été arrêté sur ordre du procureur général, qui a ouvert une enquête sur un autre hebdomadaire.
En Iran, le président ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, a ordonné la rupture des contrats économiques de l'Iran avec le Danemark et les pays où ont été publiées les caricatures. Ces dessins illustrent "la haine envers l'islam et les musulmans qu'éprouvent les sionistes qui gouvernent ces pays et l'absence d'action sérieuse de la part des responsables de ces pays", a-t-il déclaré.
A Nazareth, dans le nord d'Israël, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans le calme dans la vieille ville, à l'appel du Mouvement islamiste des arabes israéliens, pour scander des slogans tels que: "S'attaquer au Prophète, c'est s'attaquer à tous les Musulmans du monde !"
A Gaza, plusieurs douzaines de jeunes palestiniens ont jeté des pierres contre le quartier général de l'Union européenne, blessant deux policiers palestiniens.
A Hébron, en Cisjordanie, une manifestation a également eu lieu devant le siège d'une ONG d'oberservateurs internationaux. Des drapeaux danois ont été brûlés et un message remis aux membres de l'organisation, qui compte des Danois, dans lequel des excuses sont exigées.
A Damas, des manifestants en colère ont incendié samedi le bâtiment de l'ambassade du Danemark et lancé des pierres contre l'ambassade de Norvège.
A Londres, quelque 400 personnes ont protesté devant l'ambassade du Danemark, appelant les pays européens à "faire pression" sur leurs médias pour empêcher la publication des dessins.
Au Danemark, pays où ont été publié pour la première fois les caricatures du Prophète en septembre, l'extrême droite et l'extrême gauche ont manifesté à Hilleroed, au nord-ouest de Copenhague, à quelques heures d'intervalle.Des groupes d'extrême gauche ont entamé à une manifestation pour protester contre des réactions de la droite qualifiées de racistes.Le rassemblement de quelques centaines de jeunes gens, fortement encadrés par la police, se voulait une contre-manifestation en prévision d'un défilé du Front danois, un groupe d'extême droite.La police s'est mobilisée pour éviter des violences et des heurts entre les deux cortèges.
De par le monde les autorités morales, religieuses et politiques ont multiplié les appels au calme et au dialogue, sans pour l'instant sembler parvenir à désamorcer la situation.
Pour l'Union Européenne, le Haut représentant pour la politique étrangère, Javier Solana, a estimé que "la tolérance et le respect mutuel jouent un rôle tout aussi important que le principe de la liberté d'opinion". Si elle a assuré pouvoir "comprendre que le sentiment religieux ait été blessé", la chancelière allemande Angela Merkel a condamné les actions violentes de musulmans, estimant que "la légitimation du recours à la violence est inacceptable".
En Indonésie, le président du plus grand pays islamique du monde, , a condamné la publication des caricatures mais appelé ses concitoyens au calme."La publication des caricatures marque clairement un manque de sensibilité à l'égard des croyances d'un groupe religieux", a dit le président Susilo Bambang Yudhoyono, mais il a ajouté que son gouvernement avait accepté les excuses présentées par la direction du journal danois.
A Ankara, toutefois, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a qualifié la publication des caricatures de "provocation" et d'acte "irresponsable".
En Polgne, malgré la polémique, un journal a décidé samedi de reproduire les fameux dessins, pour "défendre la liberté d'expression".
A Johannesbourg, s'ils étaient tentés de le faire, les journaux sud-africains ne le pourront pas: saisie par des associations mulsumanes,
En conclusion, je dirai simplement que "Qui sème le vent récolte la tempête". Je suis choqué par le dessin sur lequel Mahomet a une bombe dans le turban. Je suis choqué parceque j'estime que l'on n'a pas le droit d'assimiler tout un ensemble de personnes à l'action de quelques individus (nombreux certes, mais pas la majorité).
Pratique qui copie les arguments et emploie les moyens (stigmatisation) de ceux qu'elle est censée condamner. Il n'y a qu'à lire les propos tenus par le président Mahmoud Ahmadinejad pour voir à quoi l'amalgame peut mener.
D'origine religieuse, l'expression bouc émissaire désigne en langage courant la personne qui est désignée par un groupe comme devant endosser un comportement social que ce groupe souhaite évacuer. Cette personne est alors exclue du groupe, au sens propre ou figuré, parfois punie, ou condamnée.
À noter que la personne choisie ne l'est pas forcément pour avoir partagé ce comportement, elle peut être une victime expiatoire choisie pour d'autres raisons du fonctionnement du groupe.