Rédigé par alphomega et publié depuis
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Si les yeux sont le miroir de l'âme, le visage est bien le reflet de notre "humanité".
Qu'y a-t-il de plus communiquant voir même de plus personnel qu'un visage? En quoi nous reconnaissons-nous chez l'autre? Dans les traits!
Le visage, ses expressions, ses mimiques ("La beauté du visage est un frêle ornement" Molière. "J'avais beau vouloir faire bon visage..." A. Daudet). Seul l'être humain a un visage, qui se transforme parfois en "gueule" lorsqu'il perd de son humanité (les "gueules cassées" de la guerre de 14-18, belle "gueule", "gueule d'amour"...).
Le film "Elephant Man" retrace bien ce rejet que subissent ceux qui sont différents. Il existe bien un "délit de sale gueule".
Alors quoi de plus terrible que de perdre une partie de ce visage qui nous caractérise? Les travaux de la chirurgie réparatrice avancent à grands pas dans ce domaine puisqu'il y a quelques mois une jeune femme recevait une partie du visage d'une autre femme récemment décédée.
Bien sûr, le résultat n'est pas parfait. Comment rendre la complexité et la mobilité d'un faciès? Tant pis, le fait que là où se trouvait un orifice béant il y ait des lèvres, là où manquait une joue il y en ait une autre (même imparfaite) est déjà un énorme pas en avant.
Un homme vient de se faire greffer une partie du visage (lèvre supérieure, nez, sourcil) en Chine, alors qu'il avait été défiguré en 2003 par un ours.
A tout ceux qui s'élèvent, au nom de la morale, contre cette pratique (il y en a); je leur demande s'ils sont près à tenter l'expérience de vivre sans visage, le rejet de soi et l'exclusion!
Au nom de quelle morale peut-on refuser l'Humanité à quelqu'un?